Cusco et la vallée sacrée .
De Copacabana, nous sommes partis pour Cusco. Un long voyage de 10 heures avec passage de frontière (la dernière par voie terrestre en ce qui nous concerne...). Le « Nombril », traduction du mot Cusco a bien changé depuis que j ' y suis passé en 1990 : la Plaza de Armas, ancien centre de la ville inca, est toute illuminée et ses arcades regorgent de restos et de boutiques de luxe. Notre hôtel, le Casana, est situé à deux pas. Nous avons arpenté le lendemain de notre arrivée les ruelles pentues de la ville . Les fondations des murs incas sont toujours là, avec leurs pierres aux formes incroyables. C 'est la seule chose que les Espagnols ont gardé. Tout le reste des maisons, temples ont été rasés. A la place, on trouve maintenant une belle ville coloniale. On ne peut s 'empêcher cependant de regretter qu' il ne reste presque rien de ce qui fut la capitale de l' Empire Inca. Le tourisme de masse a lui aussi, à sa façon contribué à façonner la ville. Le centre n'est plus qu' accumulation de boutiques, cafés, hôtels, agences de voyage. C 'est un peu dommage, car on cherche un peu l' authenticité et on ne la trouve pas vraiment. Mais la ville est superbe, de par son site, et de par l 'état de conservation ( et de restauration) des bâtiments. Il faut dire aussi que nous sommes en pleine période touristique et la ville est envahie par les groupes de Nord Américains, et Européens de tous poils. Mais, bon, c'est comme ça, la ville a l' air prospère, en tout cas, on ne voit pas les pauvres dans cette partie de la ville. Nous avons couru acheter notre billet de train pour le Machu Pichu. Et là, comme nous avaient prévenus Richard et Véro, nous avons dû « casquer » le prix fort pour parcourir les quelques 80 km qui permettent de rejoindre le fameux site. Le plus scandaleux dans l' histoire, , c 'est que c'est une compagnie étrangère ( la fameuse Orient Express) qui en engrange les bénéfices ( il faut compter au minimum 40 euros par personne pour le train). Et comme le train constitue le seul moyen d' accéder au Machu Pichu, il faut en plus faire une queue d 'enfer et, comme dirait Jean-Pierre, on n' a pas toujours le choix dans la date. Bon, allez, passons aux choses plus agréables. Cusco se situe au point de départ de ce que l' on nomme la Vallée Sacrée, le long du rio Urubamba, qui est remplie de sites archéologiques superbes. Nous avons passé une journée à Pisac, petit village surplombé par une ancienne citadelle inca. Les points de vue sont superbes, on ne sait pas où donner de l' appareil photo. Les incas avaient vraiment le chic pour construire leurs cités dans des endroits imprenables, en haut de collines escarpées. Les vallées ne servaient que pour l 'agriculture. Ils avaient aussi taillé la montagne en forme de terrasses sur lesquelles ils cultivaient les pommes de terre, le maïs, la quinoa....Ces terrasses, qui font un peu penser à celles que l 'on trouve dans certaines régions d' Asie, donne un aspect étonnant à la montagne. C 'est en tout cas très agréable de marcher dans ce paysage. Nous avons aussi bien aimé le site de Sacsayhuaman, qui surplombe Cusco, ancienne forteresse aux pierres de taille colossale et parfaitement ajustées les unes aux autres. La descente de ce site vers Cusco, que l 'on peut faire à pied permet de découvrir des quartiers plus calmes de la ville. Nous avons aussi passé une journée dans la région de Maras, à une soixantaine de kilomètres de Cusco. La route, que nous avons faite en bus est magnifique : après avoir grimpé pendant une vingtaine de minutes, on arrive dans une région de douces collines cultivées, et surplombées d'une cordillière aux cimes enneigées. Moray est un site archéologique assez étonnant. Les incas y avaient installé des terrasses circulaires dans une sorte de cuvette, et vraisemblablement ils pratiquaient des expériences sur les cultures en fonction du niveau d' élévation de la terrasse. Tout près de Moray se trouvent des salines qui datent aussi de cette époque et qui sont toujours opérationnelles. D 'une source s 'écoule une eau très salée, qui est canalisée vers des marais salants perchés à flanc de montagne. L' eau s 'y évapore et le sel est récupéré chaque mois. L 'endroit fait un peu penser aux tanneries de Fez, l' odeur en moins. Le flanc de la montagne est tout blanc, et là encore on se régale pour les photos. Enfin, nous avons visité Ollantaytambo, une cité sur la route du Machu Pichu. Le village est vraiment beau, plus authentique que ce que nous avons vu jusqu ' alors et la citadelle inca épouse là aussi de manière étonnante les formes du relief. C 'est un endroit où nous nous sommes dit que nous aimerions rester un peu plus longtemps si nous repassons un jour dans cette région.
Le Machu Pichu :
Vint le jour de notre visite à la « Cité perdue » des Incas, comme l' a nommée son « découvreur » américain au début du 20ème siècle. On ne sait pas trop à quelle période elle fut abandonnée, vraisemblablement ce fut avant l 'arrivée des Espagnols car ces derniers n 'en font pas écho dans leurs chroniques. Toujours est-il que c 'est désormais un des lieux les plus fréquentés d' Amérique latine. Nous avons donc pris le train qui suit le cours de l' Urubamba, jusqu ' à Aguas Calientes, le village situé au pied de la « vieille montagne », traduction de Machu Pichu. Il y a 18 ans, ce n 'était qu'un hameau, avec quelques hôtels basiques. Aujourd'hui, c 'est un enchevêtrement de restaurants et d 'hôtels, du luxueux au plus simple, et on a vraiment l 'impression d'être à Gringo Land...Impression pas très agréable d' ailleurs. Nous y avons passé la nuit, avant de monter au matin en bus jusqu' au site. J 'ai oublié de dire que la veille , nous avions escaladé, le mot est juste, la montagne situé en face du Machu Pichu. Cela nous a permis d' avoir un premier aperçu de la forteresse. Ce qui fait la force et la magie du lieu, c 'est surtout son emplacement : juchées sur une montagne escarpée, au pied d' une autre montagne qui les surplombent, les ruines émergent au milieu d 'une nature sauvage, luxuriante ( en effet, l 'altitude est seulement de 2000 m environ, ce qui à cette latitude, correspond à une zone de forêt sub-tropicale). D 'ailleurs les espèces de moustiques qui nous ont accueillis nous ont bien fait comprendre que nous étions dans ce type de climat....Arrivés sur le site, il nous a fallu jongler pour éviter autant que possible les dizaines de groupes qui étaient comme nous partis à l' assaut du Machu Pichu. Cependant la visite est très agréable, on a un peu l 'impression d ' être dans un labyrinthe, et à chaque coin de mur, on découvre un panorama extraordinaire sur la vallée ou sur sur les cimes environnantes. Mais je n 'ai pas retrouvé l 'émotion que j' avais ressentie lorsque j 'étais arrivé par le Chemin de l' Inca, au petit matin. Même cette randonnée a perdu un peu de son charme, il faut réserver plusieurs mois à l ' avance, cela coûte très cher, bref, rien à voir avec l 'expédition que l 'on organisait de son propre chef, en cherchant les endroits agréables pour bivouaquer...Maintenant, tout est organisé, réglementé... C'est comme ça, c'est dommage...Enfin, nous sommes redescendus à Aguas Calientes, et là , cerise sur le gâteau, nous avons eu la (mauvaise) surprise de devoir attendre plus de deux heures que le train démarre (un problème de moteur apparemment). Le peu d 'estime que nous avions pour cette compagnie de train est parti rapidement en fumée ( de rage)...Pour tout dire, on a vraiment l 'impression d'être le pigeon qu 'on plume et dont on se fout allègrement...Bon, je me dis que tout ça ne donne peut-être pas envie d' aller voir le Machu-Pichu. Je crois que le lieu est vraiment beau, mais l' industrie du tourisme a atteint là, à mon avis, ses limites.
Apres avoir en vain tente de raccourcir d une semaine notre voyage,pour avoir plus de temps au Mans avant la rentree, nous nous dirigeons maintenant vers Arequipa, ville du Sud, et nous allons tranquillement remonter la cote pour etre a Lima le 15 . Depart le 17 donc et arrivee en France le 18, au Mans le 19 aout...
PS : un petit message personnel a Elodie, Olivier, Marilou et Salome, rencontres au Laos. Nous avons bien eu votre commentaire, mais je n arrive pas a repondre sur votre blog...Si vous lisez ces lignes, envoyez nous votre adresse sur le livre d or pour que nous puissions vous repondre...A plus peut etre et bon retour en France. |