| Et nous voici en Amérique, après un court passage en Océanie. Le vol de Sydney à Santiago fut un peu étrange, d'une part parce que nous étions tous un peu malades, Marie avec une otite qui se terminait, Jules avec un rhume qui commençait, et moi avec un peu de fièvre, d'autre part parce que nous avons un peu perdu nos repères dans le temps. Je m'explique : nous sommes partis de Sydney le lundi 12 mai vers 12 heures. Trois heures plus tard, nous atterrissions à Auckland pour une petite escale. Il était alors 18 heures et la nuit tombait lorsque nous sommes repartis. Vol de nuit, alternance de temps de sommeil et de veille, et arrivée, sans doute après un vol d'environ 10 heures à Santiago, à 12 heures....le lundi 12 mai... Eh oui, car entre-temps, nous avions franchi la ligne de changement de date ( qui se situe à l'est de la Nouvelle Zélande) et nous étions donc « revenus » au lundi...Et donc, alors que depuis le début du voyage, nous étions « en avance » sur vous, en France, cette fois, c'est le contraire, nous avons quelques heures de retard. Difficile à comprendre, non ? Bref, il faisait beau à l'arrivée sur Santiago, et nous avons pu apercevoir la Cordillière des Andes de l'avion. Superbe chaîne avec l'Aconcagua qui culmine à presque 7000 mètres, juste au dessus de la capitale. Le temps de trouver un hôtel et nous avons replongé dans le sommeil pour émerger vers 17 heures et comprendre que nous étions ici au début de l'hiver : une sortie dans le quartier nous a fait comprendre qu' il allait falloir songer à s'équiper en vêtements chauds ...Il ne devait pas faire plus de 8° dans les rues, et guère plus de 15° dans la chambre lorsque nous y sommes revenus. Car il n'y a pas de chauffage dans les maisons ici. Il faut donc prévoir les couvertures pour dormir au chaud. Le lendemain fut donc une journée « achats » de manteaux pour chacun d'entre nous. Les tarifs, s'ils sont moins élevés qu'à Sydney, restent quand même assez hauts (nous nous logeons pour environ 25 €). Heureusement, nous pouvions cuisiner et cela nous a permis de ne pas trop dépenser pour la nourriture. Nous avons aussi testé le vin chilien, et pour un prix très raisonnable nous avons goûté à un cabernet sauvignon pas mauvais du tout. Un peu de vin après plus de trois mois, c'est agréable. L'ambiance est bien sûr très différente de l'Asie, mais je suis content de parler espagnol (qui est « revenu » plus vite que je ne le pensais). Puis nous sommes partis pour Valparaiso, le port le plus proche de Santiago, ville historique classée « Patrimoine de l'Humanité », dont j'ai souvent entendu parler. Le transport s'est fait en bus très confortable, et nous avons trouvé une petite pension dans le centre, où là aussi nous pouvons cuisiner si nous le souhaitons. Il fait assez frais aussi, et il faut profiter des heures ensoleillées pour se balader. Nous n'allons pas rester très longtemps au Chili, nous y repasserons avant d'aller en Bolivie, et nous allons assez rapidement passer en Argentine. Cela fait un peu bizarre d'être dans le pays qui a vécu une des dictatures les plus terribles de ce continent ( je revois encore les images de la prise du Palais de la Moneda par les chars de Pinochet, et je me souviens d'avoir lu de nombreux récits sur cette période). Rien ne transparaît de tout cela au premier abord, mais en passant devant une des Universités de Santiago, j'ai vu des étudiants accrocher des banderoles ( dont l'une disait « Le chien est mort, mais la rage continue à sévir »). Je ne sais pas de quel « chien » ni de quelle « rage » il s'agissait, mais je constate que l'esprit de contestation est toujours vivant et c'est tant mieux. Nous avons pu voir et écouter quelques chanteurs dans les rues et de la même manière me sont revenues en tête les chansons des Quilapayun, de Mercedes Sosa...Ah, nostalgie, nostalgie...En marchant dans les ruelles de Valparaiso, on découvre de nombreuses fresques sur les murs des maisons, art typique l'Amérique latine, et c'est un régal pour les yeux, et pour la photographie. Nous en mettons quelques-unes en ligne pour les faire partager. |