Potosi :
Le centre de cette ville est de style colonial : la cathédrale, de nombreuses églises, quelques maisons. Mais même si on prend un plaisir fou à visiter cette ville, son passé renferme des événements atroces. Il y a une montagne « le mont Cerro Rico » qui surplombe la ville et qui regorge d' argent, d'un peu d' or et d' autres minéraux. Après que les Espagnols se soient installés , pendant environ 3 siècles, ils ont envoyé les indiens dans les mines. Ils restaient 4 mois dans les mines, 4 mois sans voir la lumière du jour et quand ils étaient soit aveugles où même pratiquement morts. On estime que 8 millions de gens sont morts là-bas, 8 millions !!!!! Et par-dessus tout, les richesses partaient à la cour d' Espagne. Et il y a encore des gens qui y travaillent, dans de meilleures conditions, mais pas très bonnes non plus.
Sucre ( prononcer « Soucré ») :
C 'est une ville toute blanche qui est très jolie. La place principale est agréable, il y a de nombreuses rues coloniales, mais cette ville reste très touristique à mon goût.
La Paz :
Nous arrivons enfin à la capitale. Un jour, nous sommes montés au nord de la ville. Impressionnant ! En fait, elle est construite dans une cuvette qui au sud se transforme en pente. Le centre de la ville est au creux de la cuvette, les autres bâtiments s 'étalent sur les parois et dans la pente. Ici et là vous pouvez voir des montagnes enneigées. Cette ville est très intéressante au niveau culturel :
musées, expositions ... Il y a de nombreux treks à faire à partir de cette ville et nous avons décidé de faire celui qui permet, au bout de trois jours de descente, d 'arriver à Coroïco.
El Choro :
Nous sommes donc partis faire ce trek pour nous rendre à Coroïco.
Le premier jour : Nous avons pris un mini bus qui nous a conduits à l' entrée du parc national où commence le trek. Tout d' abord, nous avons commencé par descendre une montagne la où le bus nous a déposés : devant nos yeux, une vallée énorme s' étendait. Le guide nous a dit que la ville de Coroïco était au bout de la vallée. Ce jour-là, nous avons traversé la partie la plus haute et descendu de 1 500 m !!! Nous avons marché pendant 6 H et nous sommes arrivé au campement. Ah oui, pendant ce trek nous avons fait du camping.
Deuxième jour : Ce qui est incroyable dans ce trek c' est que l' on passe d' un paysage sec où l' on peut voir des pic enneigés, à la jungle !!! Nous sommes partis pour la journée la plus longue de tout le parcours. Nous avons en tout marché pendant 7 heures, en plein coeur de la forêt, c' était magnifique. Partout il y avait cascades, arbres gigantesques, de nombreux ruisseaux ... Et enfin nous sommes arrivés au village.
Troisième jour : Ce jour -là fut un peu semblable au précédent, mais après avoir marché pendant 3 heures dans la jungle, nous sommes arrivés à la maison d' un japonais qui, après la guerre mondiale et un tour du monde en bateau était venu s' installer là. Maintenant il est très vieux, mais il note tout les noms des touristes qui passent. Et comme mon papa, il y a 18 ans, avait descendu toute l'Amérique du Sud en 10 mois et qu' il était passé par là, on a retrouvé son nom écrit dans le livre de l' année 1990 !!!! Ce monsieur connaît le monde parfaitement. Il nous a dit qu' un avion s' était écrasé précisément en Alsace a Mont Saint Odile et encore bien des choses que même ma maman ne savait pas. Encore 3 H de marche et nous sommes arrivés dans un village où nous avons pris une jeep pour Coroïco.
Jules
Après Potosi, nous avons passé quelques jours à Sucre, surnommée « la ville blanche », de la couleur de ses bâtiments de style colonial. Changement de climat important, car l' altitude n' y est « plus » que de 2 800 m, et vu que nous sommes dans la zone intertropicale, les températures y sont assez clémentes. Nous y avons visité quelques musées, notamment celui des textiles indiens où l' on peut découvrir la variété et la finesse des décorations liées au différents groupes ethniques de cette région. Nous y avons vu aussi le musée ethnographique où sont exposées des momies retrouvées dans des tombes précolombiennes. Les déformations pratiquées sur les crânes sont assez impressionnantes. Par des pressions exercées sur les os de la boîte crânienne, les incas ou autres groupes ethniques déformaient dès le plus jeune âge les têtes des enfants, notamment ceux de la noblesse, selon des critères esthétiques qui nous paraissent un peu étranges : allongement du crâne vers l' arrière, ou creux au milieu ( c ' était sans doute pratique pour faire la raie....).
La ville est agréable, assez tranquille, touristique, mais pas trop, et nous y avons surtout récupéré après les difficiles conditions de notre passage à Uyuni. Nous avons notamment dîné un soir au restaurant de l' Alliance française, c 'était tout à fait délicieux, un savant mélange de gastronomie française à partir des produits locaux, un régal !!! Puis nous avons pris un bus de nuit pour La Paz. Un peu moins confortable que les bus argentins, mais nettement moins « roots » que celui que nous avions pris de la frontière à Tupiza, où la poussière s 'engouffrait par les fenêtres. Nous sommes arrivés au petit matin, fraîcheur garantie, et nous nous sommes retrouvés dans un hôtel situé juste en face de la prison. J 'avais eu l'occasion de visiter celle-ci en 1990, deux français y étaient alors enfermés et j' étais allés les voir, et cela reste une expérience tout à fait étonnante et gravée dans ma mémoire. La prison fonctionne comme une ville dans la ville. Les prisonniers, en fonction de leurs moyens financiers, y vivent en quasi autarcie, qui gérant un restaurant, qui vendant de la nourriture...Les cellules sont ouvertes, et chacun y circule « librement ». Pour celui qui n' a pas le sou, c'est très dur, il doit travailler pour les autres, les « riches », barons de la drogue en particulier, car l' administration n' assure vraiment que le minimum. Depuis cette époque, il semble que les visites « touristiques » aient été supprimées, du fait de certains problèmes « graves » qui s'y sont produits, au dire du propriétaire de notre hôtel. La Paz est une ville vraiment étonnante du fait de sa configuration géographique. Un quart de la population bolivienne y vit, dans un amoncellement de maisons, petits immeubles, accrochés aux pentes de cette cuvette située à une extrémité de l'altiplano. La vision que l'on découvre du haut de la ville ( de l' Alto ) est saisissante : au loin les sommets de la Cordillera Real, qui culminent à plus de 6000 m, le Huayna Potosi, l 'Inti Illimani, et à nos pieds, la ville qui dévale le long des flancs de la cuvette, laissant apparaître par endroits quelques falaises abruptes, seuls endroits où on n'a vraiment rien pu construire. L' ambiance y est agréable, malgré la circulation infernale et la pollution qui y est associée. Les rues du centre sont très étroites, les bus ont bien du mal à y circuler, et toutes sont très pentues. La rue Sagarnaga est une des plus courues des touristes, on y trouve une foule de petits restos sympas, de boutiques d'artisanat, d 'agences de voyage....Nous pensions tout d'abord organiser au départ de La Paz, comme l'avait fait Richard et Véro, une virée en Amazonie, dont les abords sont situés à quelques dizaines de kilomètres à vol d'oiseau. Mais, dans la liste des vaccins que nous avions prévue, il nous manquait celui contre la fièvre jaune, recommandé pour cette partie de la Bolivie. Dilemme : y aller sans vaccin, ou se faire vacciner sur place, mais avec un temps d' attente d' au moins dix jours ? Vu que le temps commence ( un peu ) à nous être compté, nous avons opté pour une autre solution : faire le trek de La Paz à Coroïco, dans les Yungas. Nous avons donc contacté une agence et rendez-vous a été pris pour cette randonnée de trois jours (deux nuits sous tente) que j' avais faite aussi en 90, et qui dans mon souvenir était assez plaisante et facile....On verra plus loin que la mémoire peut être très sélective, et que malgré tout, en l' espace de dix-huit ans, on n'a plus tout à fait les mêmes capacités physiques...Entre-temps, nous avons un peu parcouru la ville, et découvert un café très sympa, la « Luna », recommandé par Isa : ambiance festive, cadre et décor vraiment originaux, où nous avons fait la rencontre de Hervé, un français très marrant, que nous devrions revoir prochainement. Nous avons aussi dîné deux fois dans un petit restaurant libanais excellent, le Youssef, et y avons fait la rencontre d'un suisse, René, disciple de Paul Riqueur, qui nous a étonné par sa culture et son érudition.
Le trek à Coroïco, dont Jules parle, était dans ma mémoire assez facile et ne posait pas de problèmes particuliers. Qui plus est, en 1990, aucune agence ne proposait cette randonnée et j' avais loué une tente, pris la nourriture nécessaire et étais parti avec un compagnon de rencontre du moment. Faire ce trek avec un guide, plus un aide portant une partie du matériel se devait être une partie de plaisir à priori...Mais à la fin de la première journée, lorsque je commençai à sentir une douleur intense dans les genoux, après avoir descendu un dénivelé de 1500m non-stop, je dus me rendre à l' évidence que je n'avais sans doute plus tout à fait les mêmes ressources physiques qu 'à l' époque. Je dus me fabriquer des genouillères de fortune avec une paire de chaussettes dont je coupai le bout pour pouvoir affronter les deux derniers jours sans trop souffrir. Grâce à ce stratagème, plus quelques comprimés de Dafalgan, la poursuite de la marche se passa sans trop de problème. On est passé de la haute montagne ( 4700 m) à la presque jungle de la région des Yungas, du froid à la chaleur en si peu de temps, c' était impressionnant. Nous avons campé dans des petits hameaux perdus, où la vie ne doit pas être des plus faciles : le seul moyen de communication est le sentier qui monte d'un côté et descend de l'autre, et la première ville est à plus d' une journée de marche. Quant aux champs, ils sont si pentus que défricher et cultiver doivent y être des activités harassantes. Les « retrouvailles » avec le Japonais ont été amusantes. Cet homme est assez étonnant, il vit ici depuis plus de 30 ans et ne rate pas un touriste qui passe devant chez lui, qui doit émarger dans son Livre d' Or. Il a bien vieilli ( lui aussi...), est tout courbé, mais a gardé une étonnante mémoire géographique, historique. Le coup de l' accident du Mont Sainte Odile, raconté par un Japonais au fin fond d'une vallée bolivienne est quand même assez drôle. Jules a bien marché, en s'imaginant des scénarios inspirés du Seigneur des Anneaux, et l' ambiance feu de camp le soir, ainsi que le camping lui ont bien plu. Nous sommes arrivés ( un peu fatigués, il faut le dire quand même) à Coroïco en début d' après-midi et là, l' hôtel que nous avions réservé ( toujours sur les conseils d' Isa), a été à la hauteur de notre attente. Je n'en dis pas plus pour l'instant car je crois qu'il fait partie des « coups de coeur » qui feront l'objet du texte de Marie à suivre. Domi
Jules et Domi ayant raconté « nos exploits » en Bolivie , je ne donnerai que mes coups de coeur.
Tupiza est une petite ville plus charmante que Uyuni. L'hôtel Mitru est à conseiller mais il faut choisir sa chambre. L' agence Tupiza Tours avec qui nous avons fait le circuit du sud-ouest bolivien est excellente.
Les paysages du sud-ouest bolivien sont sublimes : les montagnes , les volcans dont un dégage encore des fumerolles (Volcano Ollague), les lacs d'altitude très colorés ( vert, rose ...),les paysages de désert, la faune ( lamas et alpagas , camélidés domestiqués puis plus haut les vigognes sauvages, les flamants roses...) , la flore très pauvre qui se résume à de grosses mousses appelées « llareta »(espèce menacée de disparition),et enfin le salar de Uyuni d'une blancheur éblouissante. Cependant la vie est très rude et le circuit fut éprouvant à cause des températures :-15° dans des hébergements sommaires sans chauffage et parfois sans eau à cause des canalisations gelées.
Uyuni est une ville sale sans intérêt. Le seul endroit charmant et chaleureux, grâce à d'une immense cheminée, est le resto « La Loco » tenu par un français. Il y a eu aussi à Uyuni un moment « chaud » ( façon de parler) : ayant passé 4 jours sans nous laver, nous avons choisi un hôtel un peu haut de gamme ( 40 euros !!!). La douche de notre chambre très jolie n'ayant fourni de l'eau chaude que pour Domi et Jules, on m'a proposé la salle de bain d'une autre chambre. Le début de la douche s'est passé sans incident mais brusquement l'eau est devenue glacée puis s'est arrêtée de couler à cause des canalisations gelées. Je suis donc sortie et je suis allée à la réception, les cheveux pleins de mousse, le corps enduit de savon, un drap de bain autour du corps, grelottant et claquant des dents. Le personnel, masculin et féminin, me regardait avec des yeux ronds et s'agitait pour trouver une solution essayant toutes les salles de bains. Alors qu'une fille faisait chauffer de l'eau dans une bouilloire, une des douches s'est remise à fonctionner !!!
Potosi est une jolie ville coloniale aux facades colorées. J'ai aimé « La Casa Real de la Moneda » et son masque de Bacchus, la vue sur Potosi et les mines du toit du Covento de San Francisco, le Cafe de la Plata (surtout son délicieux café au lait et son submarino, c'est rare de boire un bon café en Bolivie), la boutique Arte Nativo (commerce équitable).
Sucre est aussi une belle ville coloniale toute blanche. Mes coups de coeur furent: « El Museo de arte indigena », l'excellent resto de l'alliance française « la Taverne », le Cafe Mirador près de la place Recoleta, avec sa terrasse exposée plein ouest donc ensoleillée l'après-midi, son délicieux tiramisu maison ainsi que son café excellent et ses jus de fruit.
La Paz n'est pas une jolie ville mais le site est superbe et unique. J'ai aimé le quartier de la calle Jaen, la Iglesia de San Franscisco en particulier sa façade de style mestizo et espagnol, le Museo de Etnografia y Folklora, notamment la salle des tissages, celle des masques et celle des coiffures de plumes, l'excellent resto libanais « Yussef » de la calle Sagarmaga où nous avons passé une soirée agréable avec un pasteur suisse René ainsi que le charmant café « La Luna », conseillé par notre amie Isa (rue Murillo) où là encore nous avons fait une rencontre sympa avec un français,vivant en Amérique du sud depuis 25 ans, Hervé que nous devons revoir à notre retour à La Paz.
Le trek d'El Choro ,entre La Cumbre et Coroico, est à conseiller. Là encore les paysages sont sublimes .
A Coroïco, où nous sommes actuellement, il fait chaud le jour. Notre hôtel « Hostal Sol y Luna », et en particulier la cabana Bamboo , est charmant. Nous lézardons dans le hamac, en maillot de bain ,en sirotant une bière Pacena et admirant le village en contrebas, les montagnes et les vallées en face de nous.
Mais je préfère quand même la « Douceur » de l'Asie du sud-est: le climat, le sourire des gens, l'élégance des femmes, le charme des hôtels, l'atmosphère plus sereine. Ici la vie est rude, le climat est froid, les gens sont peu souriants, en particulier les femmes. Les habits de celles-ci sont haut en couleur mais peu élégants.
Marie
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